Au Morne-Rouge, en Martinique, le devenir de plus de 100 hectares de terres agricoles oppose les exploitants installés à Providence depuis les années 1980 à la Safer Martinique. Les agriculteurs contestent le principe d’une vente par parcelles et demandent à pouvoir poursuivre leur activité sur un foncier qu’ils cultivent depuis plusieurs décennies.
Un site agricole occupé depuis 1983
Les terres de Providence étaient alors en friche et appartenaient à la famille Pingray. De jeunes agriculteurs s’y sont installés en 1983. Ils expliquent avoir défriché les terrains, aménagé les parcelles et développé leurs cultures grâce à des investissements collectifs. Le comité de soutien reconstitué par les exploitants souhaite maintenir la production agricole et permettre aux cultivateurs déjà présents de continuer à travailler sur le site.
« En 1983, nous étions un groupe d’agriculteurs et Providence était en friche. »
Cette mobilisation est portée par le GIE Providence. Véronique Mongeant, sa présidente, défend le travail réalisé depuis l’installation des agriculteurs. Pour les exploitants, le dossier concerne aussi l’accès au foncier agricole et la capacité de la Martinique à développer sa production.
La Safer devenue propriétaire en avril 2025
La Safer Martinique a acheté le domaine aux héritiers de l’ancien propriétaire en avril 2025. Selon Maître Raphaël Constant, avocat du GIE Providence, l’acquisition s’est élevée à 600 000 euros. L’organisme privilégie désormais la vente des terres aux exploitants, alors que ces derniers réclament un dispositif de location-vente.
- Le GIE Providence regroupe six agriculteurs qui exploitent une vingtaine d’hectares.
- La Safer fait état de plus de 77 000 euros de loyers impayés par le GIE.
- Une première proposition prévoyait une vente du domaine au GIE, avant l’hypothèse d’une cession directe aux agriculteurs qui le composent.
Le président de la Safer Martinique, Louis-Félix Glorianne, justifie cette orientation par les difficultés financières de l’organisme, qui doit rembourser un emprunt. Les agriculteurs, eux, redoutent qu’un découpage des terres remette en cause leurs exploitations et les investissements réalisés depuis leur installation.