À Saint-Laurent-du-Maroni, les maisons créoles traditionnelles rappellent que le confort thermique ne dépendait pas uniquement de la climatisation. Lors d’une conférence organisée le 15 octobre au Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, l’architecte Thomasz Szkaluba a présenté les principes qui permettaient de mieux supporter la chaleur en Guyane.
Des logements conçus pour laisser circuler l’air
Dans ces habitations, la disposition des ouvertures répondait aux conditions climatiques locales. Les fenêtres étaient orientées de façon à capter les vents dominants, tandis que les plafonds, souvent hauts de plus de trois mètres, favorisaient l’évacuation de l’air chaud.
Les ventelles, installées au-dessus des portes ou dans les cloisons, assuraient une continuité entre les pièces. Les galeries et les larges débords de toiture limitaient l’exposition directe des façades au soleil et à la pluie. Les planchers surélevés réduisaient quant à eux le contact avec l’humidité du sol et permettaient à l’air de circuler sous le bâtiment.
- Ouvertures orientées vers les vents dominants ;
- plafonds élevés pour faciliter la circulation de l’air ;
- galeries et débords de toiture pour créer de l’ombre ;
- planchers surélevés pour limiter l’humidité et ventiler le dessous du logement.
« On construit donc les murs en parpaing, on met les fenêtres, il n’y a pas d’entrées d’air naturelles, on met la clim. »
La rénovation doit préserver les circulations d’air
Selon Thomasz Szkaluba, certaines constructions modernes ont progressivement abandonné ces dispositifs. La présence de fenêtres en façade ne suffit pas toujours : l’organisation intérieure peut empêcher l’air de traverser correctement le logement. La suppression ou la fermeture des ouvertures existantes peut ainsi réduire les possibilités de ventilation naturelle.
L’architecte ne remet pas en cause l’usage de la climatisation. Il recommande toutefois de l’intégrer dans des pièces correctement isolées et dotées d’un renouvellement d’air adapté. Pour les propriétaires qui rénovent une maison créole en Guyane, les choix portant sur les ouvertures, les cloisons, les protections solaires et la ventilation peuvent donc modifier directement le comportement thermique du logement.
La conférence s’est tenue dans le cadre des Jeudis du Patrimoine et des Journées nationales de l’architecture, au Camp de la Transportation de Saint-Laurent-du-Maroni.