Liberty Mutual Reinsurance et Celest.Science annoncent une collaboration consacrée à l’assurance paramétrique des cyclones tropicaux. L’objectif est d’améliorer la fiabilité des informations servant à déclencher les paiements, y compris lorsque les observations météorologiques sont incomplètes, transmises avec retard ou perturbées par un phénomène extrême.
Un versement lié à un seuil prédéfini
Dans une couverture paramétrique, l’indemnisation est déclenchée par un indicateur défini à l’avance dans le contrat. Elle ne repose donc pas, dans un premier temps, sur l’évaluation détaillée des dégâts subis par le bien ou l’activité assurée. Parmi les critères envisageables figurent notamment :
- une vitesse de vent atteinte pendant le cyclone ;
- une distance déterminée par rapport à la trajectoire du phénomène ;
- des mesures portant sur la pression ou l’intensité du système tropical.
Ce fonctionnement peut permettre de débloquer des liquidités plus rapidement après le passage d’un cyclone, avant la réalisation d’une expertise complète. L’enjeu concerne notamment les territoires côtiers, les énergéticiens, les ports, le tourisme et l’agriculture, pour lesquels la continuité d’activité dépend aussi de la rapidité des financements disponibles.
Des mesures confrontées aux perturbations
La fiabilité du dispositif dépend toutefois de la qualité des données. Les capteurs terrestres, les réseaux de communication et certains flux satellitaires peuvent être affectés pendant un événement majeur. Les vents, la pression, la trajectoire et l’intensité du cyclone doivent malgré cela être mesurés de manière indépendante et continue.
| Donnée observée | Utilisation possible |
|---|---|
| Vent | Vérifier le franchissement d’un seuil contractuel |
| Trajectoire | Établir la distance au point ou à la zone couverte |
| Pression et intensité | Décrire l’évolution du cyclone |
Les deux partenaires veulent étudier une méthode combinant plusieurs sources indépendantes, des modèles physiques du climat, des outils d’intelligence artificielle et des analyses statistiques. Cette approche doit permettre de reconstituer une représentation cohérente du cyclone lorsque certaines mesures font défaut, sans dépendre d’un fournisseur unique.
Pour les assureurs et les réassureurs, les travaux annoncés visent à améliorer la tarification, à limiter les contestations et à réduire le risque de base, c’est-à-dire l’écart possible entre le déclenchement du contrat et l’ampleur réelle des dommages. Pour les entreprises, les collectivités et les gestionnaires d’infrastructures, l’objectif est de concevoir en amont des couvertures destinées à financer la poursuite de l’activité après un cyclone.
Fondée à Montpellier en 2023 par Léo Lemordant et Pierre Gentine, professeur à l’Université Columbia, Celest.Science développe des travaux associant intelligence artificielle et physique du climat.