Les retards de paiement des collectivités restent un point de tension pour les entreprises de construction en Guyane. Le sujet figure au programme des Rencontres territoriales Antilles-Guyane, organisées les 3 et 4 novembre 2026 à Cayenne. Une charte départementale signée en 2025 n’a pas empêché la persistance des difficultés de trésorerie.
Le groupe GLS Modulaire et Construction modulaire industrielle, qui fabrique et loue des bâtiments préfabriqués à des entreprises et à des collectivités, fait état de 1,5 million d’euros de factures en attente. L’entreprise, active depuis trente ans, indique que ses règlements interviennent parfois bien après l’échéance prévue.
« On est aux alentours de 90 jours pour être réglés, quand les délais légaux sont de 45 jours. »
Ces décalages pèsent sur les liquidités du groupe, alors que les commandes publiques, qui constituent sa principale clientèle, diminuent. GLS explique également avoir accru ses stocks cette année dans le contexte géopolitique. Une partie de sa trésorerie demeure ainsi immobilisée chez ses clients plutôt que disponible sur ses comptes.
Un effet de chaîne jusqu’aux fournisseurs
La tension financière se propage aux autres acteurs de la filière. Pour repousser certaines échéances, GLS demande à ses fournisseurs habituels d’accepter des efforts financiers. Ludovic Behr décrit un mécanisme dans lequel les retards de règlement des clients affectent l’entreprise, qui reporte ensuite à son tour le paiement de ses propres factures.
- 1,5 million d’euros restent dus au groupe GLS ;
- les règlements peuvent atteindre 90 jours, contre 45 jours de délai légal mentionné par l’entreprise ;
- 30 % des entreprises en défaillance en Guyane depuis le début de l’année seraient issues du BTP, selon la Fédération régionale du BTP.
Le BTP particulièrement exposé
Pour Lauric Sophie, secrétaire général de la Fédération Régionale du Bâtiment et des Travaux Publics, la situation s’est aggravée. La fédération estime que le secteur représente désormais 30 % des entreprises en défaillance depuis le début de l’année en Guyane.
Le rapport annuel de l’IEDOM consacré aux délais de paiement des entreprises et des organismes publics relève une amélioration en Guyane, mais les délais y restent parmi les plus élevés de l’outre-mer. Les échanges prévus à Cayenne doivent permettre d’aborder cette question alors que les entreprises du BTP doivent continuer à financer leurs chantiers, leurs stocks et leurs fournisseurs avant d’être réglées.